
Nous étions partis tôt pour avoir le temps de prendre un café, une fois arrivés à l'aéroport. Mais parvenus au petit restaurant près de la barrière d'accès, Frank ne semblait pas avoir la moindre envie de prendre un café ou une bouchée et il me semblait passablement amorti. J'ai senti qu'il était exagérément préoccupé d'obtenir sa carte d'embarquement et de téléphoner à des amis d'Albuquerque. Brusquement, j'ai été saisi par un grand sentiment de solitude. J'ai eu l'impression que nous faisions ce qu'il fallait en pareille circonstance mais qu'en réalité, Frank souhaitait que je le laisse à ses affaires.
Même si je savais en moi-même qu'une partie sinon la presque totalité de ce que je ressentais était une pure projection et traduisait beaucoup plus mon état d'esprit que celui de Frank, je n'ai pu m'empêcher de me tourner vers Frank pour lui dire : "Où es-tu ? Tu es rendu ailleurs. J'espérais que nous pourrions avoir un bon échange et que nos adieux seraient chaleureux. Tu me sembles heureux que les vacances soient terminées".
Frank a réagi vivement. "N'essaie pas de nier la belle semaine que nous avons passé ensemble. Ne bousille pas toute ne réagissant comme tu le fais. C'est vrai que j'ai dû faire un téléphone et que je n'ai pas voulu prendre un café, mais tu en fais tout un plat pour rien. C'est simplement que j'éprouve de la difficulté à parler dans un aéroport".
Mon embarras n'avait d'égal que ma tristesse. Je ne voulais pas gaspiller la belle semaine que nous venions de vivre, mais voilà que nous étions en train de nous disputer pour rien.
Peu de temps avant que l'avion décolle, j'ai pu me ressaisir et remercier Frank pour son amitié. Mais j'étais encore très déçu et durant tout le voyage, je n'ai pas arrêté de songer à la difficulté que j'avais d'intégrer mes sentiments. Il faisait bon de se retrouver à la maison et même s'il a fallu m'atteler rapidement à la tâche de défaire mes bagages, de dépouiller mon courrier et de prendre connaissance des télécopies reçues, j'ai quand même continué à éprouver un sentiment inconfortable en pensant à la matinée.
Plus tard, Frank m'a appelé. Je lui ai demandé pardon et nous avons conversé longuement, ce qui m'a permis de me réconcilier avec la belle semaine que nous avions vécu. Au moment d'aller au lit, j'ai réalisé que, demain, l'évangile du jour parlait du pardon du cœur.
Même si je savais en moi-même qu'une partie sinon la presque totalité de ce que je ressentais était une pure projection et traduisait beaucoup plus mon état d'esprit que celui de Frank, je n'ai pu m'empêcher de me tourner vers Frank pour lui dire : "Où es-tu ? Tu es rendu ailleurs. J'espérais que nous pourrions avoir un bon échange et que nos adieux seraient chaleureux. Tu me sembles heureux que les vacances soient terminées".
Frank a réagi vivement. "N'essaie pas de nier la belle semaine que nous avons passé ensemble. Ne bousille pas toute ne réagissant comme tu le fais. C'est vrai que j'ai dû faire un téléphone et que je n'ai pas voulu prendre un café, mais tu en fais tout un plat pour rien. C'est simplement que j'éprouve de la difficulté à parler dans un aéroport".
Mon embarras n'avait d'égal que ma tristesse. Je ne voulais pas gaspiller la belle semaine que nous venions de vivre, mais voilà que nous étions en train de nous disputer pour rien.
Peu de temps avant que l'avion décolle, j'ai pu me ressaisir et remercier Frank pour son amitié. Mais j'étais encore très déçu et durant tout le voyage, je n'ai pas arrêté de songer à la difficulté que j'avais d'intégrer mes sentiments. Il faisait bon de se retrouver à la maison et même s'il a fallu m'atteler rapidement à la tâche de défaire mes bagages, de dépouiller mon courrier et de prendre connaissance des télécopies reçues, j'ai quand même continué à éprouver un sentiment inconfortable en pensant à la matinée.
Plus tard, Frank m'a appelé. Je lui ai demandé pardon et nous avons conversé longuement, ce qui m'a permis de me réconcilier avec la belle semaine que nous avions vécu. Au moment d'aller au lit, j'ai réalisé que, demain, l'évangile du jour parlait du pardon du cœur.
Henri J. M. Nouwen, Journal de la dernière année, Editions Bellarmin 2004, p. 174-175

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