
Il semble que j'ai réveillé en moi le fantôme affamé en y consacrant ces lignes ! Toute la journée je me suis senti comme un fantôme affamé : j'avais faim d'affection et d'attentions - appels téléphoniques, lettres et le reste. J'ai fini par en concevoir une colère dirigée non seulement contre tous ceux qui ne me donnaient pas ce dont j'avais un si grand besoin, mais aussi contre les appétits insatiables de mon propre esprit affamé. Je sais que, après tous les voyages et déplacements des derniers mois, il est temps que je retrouve le silence, que je prie, que j'écrive en toute tranquillité, que je sois simplement seul. Mais mon fantôme affamé s'assurait que je demeure agité, à l'affût de la moindre distraction, m'empêchant ainsi de le confronter directement et de mettre un terme à ses plaintes incessantes. (...)
Heureusement, mes prières du soir m'ont apporté un peu de consolation. En les disant à voix haute - hurlant presque dans la maison déserte - j'ai recouvré, sans trop savoir comment, un tant soit peu de paix intérieure.
Heureusement, mes prières du soir m'ont apporté un peu de consolation. En les disant à voix haute - hurlant presque dans la maison déserte - j'ai recouvré, sans trop savoir comment, un tant soit peu de paix intérieure.
Henri Nouwen, Journal de la dernière année, Editions Bellarmin 2004, p. 143-144

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