
"Rien ne vaut un ami fidèle, et les saintes paroles affluent toujours dans la bouche de l'homme de bien" (Ecclésiastique 6, 15). Je connais bien en Jésus-Christ, notre Seigneur et notre Dieu, ces deux maximes tirées du livre de l'Ecclésiastique ; en toi, plus qu'en tout homme, j'ai le bonheur de les vivre, par la grâce de Dieu. Le réconfort que m'apporte ton amitié est un remède de vie, tes paroles sont comme du miel ; comme de l'eau fraîche pour les gosiers asséchés, telle est la bonne nouvelle venue d'une terre lointaine (Proverbes 16, 24-25). Elle nous assure que tu vas bien, elle nous parle la voix de l'amitié et ainsi elle engraisse la moelle de nos os (Proverbes 15, 30), et même elle nous comble de joie et de bonheur puisqu'elle nous est transmise, présentée par tes serviteurs, nos fils dans le Seigneur, puisque nous avons en même temps que ta lettre quelques uns de tes proches. "Comment dirai-je au Seigneur ma reconnaissance pour tous les biens dont il m'a comblé ?" (Ps 115, 12). Et surtout, pour cette grâce particulière qu'il a voulu m'accorder : je t'aimais d'abord d'une amitié profane et voilà que le Seigneur a fait de toi mon compagnon, mon frère dans le service divin ; quelle grâce intestimable ! Il a établi entre toi et moi les liens d'une fraternité spirituelle.
Paulin de Nole à Sulpice Sévère, Lettre 11.

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