samedi 14 novembre 2009

Une confiance justifiée



Même si on doit user de bienveillance et de bienfaisance envers le prochain pour concevoir de l'amitié pour lui, quand on ne fait pas confiance à son prochain en lui réciproquant l'amour et l'amitié qu'on reçoit de lui, l'amitié ne peut être complète et stable. Dès lors, pour qu'une ferme prédisposition à l'amitié puisse naître chez quelqu'un, il est nécessaire qu'il confie à son prochain les choses comme il les sent en lui-même par rapport à lui, ainsi que Tullius le dit dans le De amicitia : "Le fondement de cette fermeté, de cette stabilité que nous demandons à l'amitié, c'est la confiance justifiée ; où elle manque, il ne peut y avoir de stabilité". Pour que la bonne foi soit présente dans sa perfection, les amis doivent ouvrir leurs cœurs l'un à l'autre, comme nous le lisons dans le même livre : "A moins qu'on ne lise, comme on dit, dans le cœur d'un ami, qu'on ne lui ouvre le sien, il n'y a pas de sûreté". Par ce moyen, tout soupçon de feinte et de désaccord est écarté, ce qui est absolument requis pour le développement d'une amitié parfaite. Comme dit encore Tullius : "Il appartient à l'homme de bien d'observer ces deux règles de l'amitié : d'abord d'écarter toute feinte, toute simulation ; en second lieu, de ne pas se contenter de repousser les accusations portées contre son ami, mais de n'être pas soi-même soupçonneux", grâce à quoi tout litige est éliminé de l'amitié.

Henri de Gand.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire