dimanche 1 novembre 2009

Tu m'es devenu un frère


Par la grâce du Christ, tu es devenu mon frère pour m'aider dans le monde présent, pour vivre avec moi dans l'éternité ; tu es mon frère, dont l'amitié dépasse les affections charnelles, un frère plus proche que tous ceux qu'unissent à moi les liens de la chair et du sang. Où sont maintenant mes frères de sang ? mes anciens amis ? mes camarades d'autrefois ? Pour tous ceux-là, j'ai disparu dans l'oubli. Je suis devenu, comme le dit le psaume "un étranger pour mes propres frères, un inconnu pour les fils de ma mère ; mes amis, ceux qui étaient autrefois mes proches se sont éloignés de moi" (Ps 68, 9 et 37, 12). Comme le fleuve qui coule, comme le flot qui passe, ils passent à côté de moi, ils ont honte de moi et ils rougissent, comme il est écrit (Ps 37, 12), de venir me voir. Des étrangers sont devenus mes proches et ceux qui étaient mes proches se sont éloignés de moi. (...) Le Seigneur a voulu que tu me tiennes lieu de père, de frère et d'ami : il a voulu que tu prennes soin de moi avec la sollicitude des parents, que tu m'aimes avec l'affection d'un frère, que tu t'occupes de moi avec le dévouement d'une amitié sincère, que, du fond de ton cœur, tu me prodigues toute ton affection, enfin, que tu me sois continuellement présent par de fréquentes lettres et que tu m'apaises par de douces consolations.

Paulin de Nole à Sulpice Sévère, Lettre 11.

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