vendredi 16 octobre 2009

Une véritable discipline


Lorsque je songe à l'année à venir, je me rends compte que l'amitié sera une préoccupation aussi importante que la prière. Peut-être même plus importante. Ma soif d'amitié est telle qu'elle peut sembler "anormale". Quand je pense aux chagrins et aux joies de ma vie, je constate qu'ils n'ont que très peu à voir avec le succès, l'argent, la carrière, la patrie ou l'Eglise, mais tout à voir avec l'amitié. Les liens que j'ai tissés avec Nathan et Sue le démontrent.

Pendant mes neuf années à Daybreak, j'ai vécu avec eux des moments d'extase comme des moments d'agonie. Je me suis senti aussi bien rejeté que soutenu, abandonné qu'accepté, détesté qu'aimé. Par là, j'aurai appris que l'amitié demande une véritable discipline. Rien ne peut-être tenu pour acquis, rien n'arrive de façon automatique, rien ne naît sans un effort intense. L'amitié exige confiance, patience, prévenance, courage, repentir, indulgence, reconnaissance et, avant tout, fidélité. C'est avec stupéfaction que je constate combien souvent j'ai pensé que tout était fini, que Nathan et Sue m'avaient trahi ou délaissé, et avec quelle facilité des sentiments de jalousie, de rancune, de colère et de dépression m'avaient envahi. Il est encore plus étonnant de m'apercevoir que nous sommes encore des amis, oui, les meilleurs des amis. Mais il faut dire que chacun de nous a dû y mettre du sien.

Henri J. M. Nouwen, Journal de la dernière année, Editions Bellarmin 2004, p. 22

jeudi 15 octobre 2009

Apparentés


Quand on a pour quelqu'un de l'amitié, de l'amour, un désir quelconque, la raison qui font qu'on a ces sentiments, et sans laquelle on ne les éprouverait pas, est qu'on est apparenté à celui qu'on aime par l'âme, par quelque qualité de l'âme, par le comportement ou par l'aspect.

Platon, Lysis, 222a.

samedi 10 octobre 2009

Une certaine parenté


Si vous êtes amis l'un de l'autre, c'est que votre nature vous apparente en quelque sorte l'un à l'autre. Nous reconnaissons qu'une certaine parenté de nature produit nécessairement l'amitié. Si ce qui est apparenté diffère de ce qui est semblable, alors, à ce qu'il me semble, ce qu'est l'amitié est à peu près établi.

Platon, Lysis, 221e à 222b-c.

mardi 6 octobre 2009

La constance de l'amitié


L'amitié doit être constante, persévérer dans l'affection : nous ne devons pas d'une manière enfantine, changer d'amis par une sorte de vagabondage du sentiment. Ouvre ton coeur à ton ami pour qu'il te soit fidèle et que tu puises en lui l'agrément de ta vie : "Un ami fidèle en effet est un remède de la vie" (Ecclésiastique 6, 16) en vue de l'immortalité. Respecte ton ami comme un égal, n'aie pas honte de devancer ton ami par le devoir du service rendu ; l'amitié en effet ignore l'orgueil. C'est en effet pourquoi le sage dit : "Ne rougis pas de défendre un ami" (Ecclésiastique 22, 25). Ne manque pas à un ami dans le besoin, ne le délaisse pas, ne l'abandonne pas ; car l'amitié est une aide de la vie. Aussi, en elle, portons-nous nos fardeaux, comme l'apôtre l'a enseigné (Ga 6, 2) : il parle en effet à ceux que la charité de cette amitié a unis. Et en effet, si la prospérité d'un ami aide ses amis, pourquoi, également dans l'adversité d'un ami, l'aide de ses amis ne serait-elle pas à sa disposition ? Aidons par un conseil, apportons nos efforts, compatissons avec affection. Si c'est nécessaire, supportons, à cause de l'ami, même les épreuves.

Ambroise de Milan, De Officiis, III, XXI.

lundi 5 octobre 2009

Ne pas craindre d'en faire trop


En amitié, il ne faut pas craindre d'en faire trop. La mesquinerie est inconciliable avec l'amitié.

La deuxième opinion consiste à chercher la mesure de l'amitié dans l'égalité des services rendus et du bon vouloir manifesté. C'est vraiment la soumettre à un calcul bien étroit, bien mesquin, que de tenir pareille comptabilité où dépenses et recettes devraient s'équilibrer. Je crois que l'amitié véritable est plus riche, plus prodigue, qu'elle n'examine pas minutieusement si elle ne rend pas plus qu'elle n'a reçu : elle ne ressemble pas à un moissonneur qui craint de laisser tomber, d'abandonner au sol, un peu de grain, elle ne redoute pas d'en trop faire.

Cicéron, De Amicitia, XVI.

samedi 3 octobre 2009

Une chose que j'ai toujours désirée


Depuis mon enfance, il est une chose que j'ai toujours désirée ; chacun a la science : pour l'un, ce sont les chevaux, pour un autre les chiens, pour un autre l'or ou les honneurs. Quant à moi, tous ces objets me laissent froid ; mais je désire passionnément acquérir des amis, et un bon ami me plairait infiniment plus que la plus belle caille du monde, le plus beau des coqs, voire même par Zeus, le plus beau des chevaux ou des chiens. Je crois, par le chien ! que je préférerais un ami à tous les trésors de Darius, tant je suis avide d'amitié.

Platon, Lysis, 221e.

samedi 28 février 2009

Ce que donne l'amour

Le devoir sans amour nous rend acharné
La responsabilité sans amour nous rend impitoyable
La justice sans amour nous rend dur
La vérité sans amour nous rend critique
L'intelligence sans amour nous rend rusé
La gentillesse sans amour nous rend hypocrite
L'ordre sans amour donne un esprit étroit
L'honneur sans amour nous rend orgueilleux
La possession sans amour nous rend avare
La foi sans amour nous rend fanatique
La vie sans amour est sans valeur.

Anonyme.