mercredi 2 décembre 2009

L'amitié vraie


L'amitié vraie est cimentée par le Christ. Ce n'est ni l'utilité de la propriété familiale, ni la flatterie trompeuse et caressante qui créent les liens d'amitié, mais bien la crainte de Dieu et l'étude de l'Ecriture Sainte.

Jérôme de Stridon, Lettre à Paulin.

mardi 1 décembre 2009

Le devoir du service rendu


Respecte ton ami comme un égal, n'aie pas honte de devancer ton ami par le devoir du service rendu ; l'amitié en effet ignore l'orgueil. Le respect est caractéristique de l'amour, de sorte que celui qui hait soulève des plaintes, alors que celui qui aime respecte son ami.

Ambroise de Milan, De officii, III, XXII, 129.

lundi 30 novembre 2009

Le reproche à un ami



Que l'on fasse un reproche à un ami, non par zèle ostentatoire mais par sentiment de charité. Que l'avertissement ne soit pas dur, ni le reproche outrageant.

Ambroise de Milan, De officii, III, XXII, 133-134.

dimanche 29 novembre 2009

Une rivalité de bienveillance


L'amitié est en effet une vertu, non pas un bénéfice, car elle est engendrée non par l'argent, mais par l'agrément, non pas par une mise aux enchères des avantages, mais par une rivalité de bienveillance. Enfin, les amitiés des indigents sont bien souvent meilleures que celles des riches, et fréquemment les riches sont dépourvus des amis que les pauvres ont en grand nombre. Il n'y a pas, en effet, d'amitié vraie, là où il y a la trompeuse flatterie.

Ambroise de Milan, De officii, III, XXII, 134-135.

samedi 28 novembre 2009

Je suis tout à toi


C'est un réconfort en cette vie, certes, que d'avoir à qui ouvrir son coeur, avec qui partager des choses cachées, à qui confier le secret de ton coeur ; que de t'assurer un homme fidèle, pour te féliciter dans les jours heureux, compatir dans les jours tristes, t'encourager dans les persécutions. Cette parole facile s'entend souvent : "Je suis tout à toi", mais elle n'engage que peu de choses.

Ambroise de Milan, De officiis, III, XXII, 132.

vendredi 27 novembre 2009

Aimer gratuitement

Tu ne dois pas aimer un ami pour qu'il te donne quoi que ce soit, de l'argent ou quelque autre avantage temporel : ce n'est pas lui que tu aimes, mais ce qu'il te donne. Un ami doit être aimé gratuitement, pour lui-même, non pour autre chose. Mais si la règle de l'amitié, qui veut que tu le chérisses gratuitement, est pour toi une contrainte, combien gratuitement doit être aimé Dieu, qui ordonne que tu chérisses l'homme ! Rien n'est plus à chérir que Dieu !

Augustin d'Hippone, Sermon 49.

jeudi 26 novembre 2009

L'amitié de raison


L'amitié charnelle est due à la similitude des habitudes de vie, des entretiens, des conversations entre deux amis, et elle est telle que l'un est dans la tristesse lorsqu'il est quitté par l'autre, avec lequel il est habitué de s'entretenir et d'avoir commerce : les deux se rencontrent, se promènent ensemble durant trois jours, et même alors ils ne peuvent pas se séparer. Or cette amitié est honnête, mais c'est une amitié d'habitude, non de raison, car les bestiaux eux-mêmes en ont de telles. Deux chevaux mangent ensemble, ils ont besoin l'un de l'autre jour après jour, et quand l'un part devant, l'autre se hâte derrière ; désirant - pour ainsi dire - son ami, à peine peut-il être contrôlé par son propriétaire : il se cabre avec fougue jusqu'à ce qu'il ait rattrapé l'autre. Mais il y a une amitié, supérieure, qui n'est pas d'habitude mais de raison, par laquelle nous aimons un homme au nom de la foi et de la bienveillance mutuelle en cette vie mortelle. Que l'homme commence à aimer tout ce que nous trouvons de supérieur, de divin, et il n'aimera rien en l'homme, si ce n'est Dieu.

Augustin d'Hippone, Sermon 49.